Clarinette

La clarinette est un instrument de musique de la famille des bois à anche simple. Elle a été créée vers 1700 par Johann Christophe Denner (1655-1707) à Nuremberg sur la base d’un instrument à anche simple plus ancien : le « chalumeau ». La clarinette en Si♭ (bémol) en est le modèle le plus commun.

La clarinette est à perce cylindrique, ce qui la distingue du hautbois et du saxophone, tous deux à perce conique, et lui confère une aptitude au quintoiementNote : la symétrie du corps de la clarinette interdit l’apparition d’harmoniques de rang pair, et donc d’octaves. Son timbre chaud dans le registre grave, peut s’avérer extrêmement brillant voire agressif dans l’aigu.

De tous les instruments à vent, elle est celui qui possède la plus grande étendue (ou tessiture) avec 3 octaves plus une sixte mineure soit 45 notes en toutDes clarinettes de modèles Marchi peuvent aller au delà de cette tessiture. Voir Clarinette l’essentiel, page 12, par Selmer. Elle se décline en une famille d’instruments presque tous transpositeurs, depuis la clarinette contrebasse, jusqu’à la clarinette sopranino, couvrant ainsi toute l’étendue d’un orchestre symphonique. À l’exception des percussions, la clarinette est l’instrument qui possède la plus grande famille.

Sommaire


Évolution de la clarinette


Du chalumeau à la clarinette

Le chalumeau européen du Moyen Âge fut sans doute l’ancêtreLes informations sur l’histoire de la clarinette sont issues de La clarinette des origines à nos jours (Robert Marchal) et La clarinette à six clés (Jean Jeltsch). Ces ouvrages sont également recommandées pour approfondir cette thématique. Voir bibliographie le plus direct de la clarinette. Aujourd’hui encore, le registre grave de la clarinette est appelé registre du chalumeau.
C’est à Johann Christoph Denner (1655-1707) que l’on doit l’invention de la clarinette lorsque vers 1690,Les débuts de la clarinette. il ajouta au chalumeau français le pavillon et deux clefs d’importance majeure.

L’ajout de la « clé de 12» Note : La « clé de 12 » est souvent appelée à tort « clé d’octave » par analogie avec celle du hautbois, de la flûte et du saxophone. permit de tirer parti de l’aptitude de l’instrument au quintoiement, que les musiciens les plus doués pouvaient provoquer par une modification de la position de l’embouchure. Le registre atteint est alors celui dit du clairon et sa sonorité se rapproche de la clarine, petite trompette du , qui donna son nom à la clarinette.

À cette époque, l’instrument était manipulé via huit trous bouchés par les doigts. Le passage au registre supérieur ne se faisait qu’avec un défaut de 2 notes sur la gamme : le La et le Si étaient absents de la gamme. La deuxième clef, celle « du La », étend vers le haut le registre du chalumeau.

Le Si est obtenu par quintoiement d’une note plus grave (le Mi) grâce au pavillon prolongeant la clarinette. La gamme (diatonique) est alors complète et le changement de registre se passe sans discontinuité.

Dans l’état, l’instrument ne disposant pas d’une gamme chromatique complète, il restait prisonnier de quelques tonalités particulières. Pour y remédier, les musiciens disposaient de différents modèles de clarinettes, réalisés chacun pour une tonalité spécifique.


La clarinette moderne

En 1810, Heinrich Bärmann (1784-1847) proposa le retournement du becHeinrich Bärmann retourne le bec de la clarinette en 1810, [1]., positionnant ainsi l’anche sur la lèvre inférieure du musicien. Ceci adoucit et garantit la sonorité. Iwan (ou Ywan) MullerFrise historique de la clarinette, 1812.Note : Iwan Muller (Ywan Muller dans certaines sources) : (1786-1854), clarinettiste soliste du Théâtre italien de Paris. y apporta en 1812 treize clés supplémentaires offrant enfin la gamme chromatique complète. Ces nouveautés permirent d’abandonner peu à peu la collection d’instruments dédiés aux tonalités distinctes dont disposaient les musiciens pour interpréter les différentes pièces.

La clarinette fut amenée à son degré de perfectionnement actuel par le facteur d’instruments français Louis Auguste Buffet en collaboration avec le clarinettiste Hyacinthe Klosé.Frise historique de la clarinette, 1840Note : Hyacinthe Klosé : (1808-1880), professeur au conservatoire de Paris et auteur d’une méthode de même nom Tous deux adoptèrent le principe des anneaux mobiles que l’Allemand Theobald Boehm avait imaginé pour la flûte : le système Boehm. Aujourd’hui, le système Boehm est utilisé par les clarinettistes du monde entier, aux exceptions des Allemands et des Autrichiens, qui se servent pour la plupart du système concurrent : le système Oehler Le système Oehler reste utilisé en Allemagne et en Europe centrale, mais est en perte de vitesse.

Une clarinette utilisant le système Boehm, peut disposer jusqu’à 22 éléments utilement mobiles, auxquels il faut rajouter les paliers, les axes, les vis et les ressorts. L’ensemble dépasse la centaine de pièces mécaniques, et participe à la manipulation de 17 tampons obturant autant d’orifices inaccessibles avec les doigts.

Le nombre de clefs annoncé par les facteurs correspond au nombre de points de commande intentionnelles (les anneaux n’en font donc pas partie puisqu’ils sont actionnés en même temps qu’un trou est bouché). La clarinette Boehm comporte donc 17 clefs, parfois 18 avec la clef de rappel de Mi♭ main gauche. Il existe deux variantes du système Oehler comportant respectivement 19 et 27 clefs.


La famille des clarinettes modernes

La famille des clarinettes modernes est très étendue. La taille et la tonalité sont les principaux éléments différentiels. Si l’étendue de la tessiture est à peu près constante, les registres de jeu sont différents.

Aujourd’hui, les clarinettes suivantes sont utilisées, depuis la plus aigüe jusqu’à la plus graveCommentaires et usages d’après La famille des clarinettes Selmer, page 2. :

Nom de la clarinette Tonalité Commentaire Tessiture
La petite clarinette sopranino en La♭ presque plus fabriquée, sinon pour l’exécution des bandas (musique militaire italienne), et aujourd’hui pour la musique contemporaine, car sa sonorité criarde intéresse les compositeurs Clarinette en La♭ ;
La petite clarinette en Mi♭ son timbre est très caractéristique, un peu criard. Encore très utilisée aujourd’hui en harmonie, sa tonalité étant très « compatible » avec la plupart des autres instruments (Si♭principalement) ;
La petite clarinette en (fabriquée presque uniquement pour l’exécution des concertos de Johann Melchior Molter pour clarinette en ), en grande désuétude car son répertoire est très limité ; généralement, les musiciens préfèrent transposer les passages de clarinette en pour les jouer à la petite clarinette en Mi♭;
La clarinette soprano en Ut (Do) (en désuétude car son timbre est un peu vulgaire et sa justesse perfectibleClarinette en Ut, utilisée comme instrument d’étude pour les jeunes enfants en raison de sa petite taille ;
La clarinette en Si♭ la clarinette la plus usitée : utilisée dans tous les styles de musique, elle allie brillance et éloquence. C’est avec celle-ci que l’on débute ;
La clarinette soprano en La au son un peu plus rond, encore très jouée aujourd’hui, son timbre est très approprié à la musique de chambre ;
La clarinette de basset en La (clarinette en La avec une extension au Do, fabriquée uniquement pour l’exécution du concerto pour clarinette de Mozart dans sa version originale), en grande désuétude aujourd’hui, elle est très rare ;
La clarinette turque en Sol, principalement jouée pour les musiques turques et grecques ;
Le cor de basset en Fa (pour lequel a été écrit à l’origine le concerto pour clarinette et orchestre de Mozart), il a été très usité à la fin du  ;
La clarinette alto en Mi♭ très appréciée en musique de chambre ;
La clarinette basse en Si ♭ très utilisée en contemporain et dans le jazz ;
La clarinette contralto en Mi♭ utilisée en ensemble de clarinettes et de plus en plus en orchestre ;
La clarinette contrebasse en Si♭ utilisée presque uniquement en ensemble de clarinettes.

Un prototype de clarinette octocontrebasse a été fabriqué par Léon LeblancNote : Léon Leblanc, 1901-2000, Clarinettiste et directeur de la fabrique de clarinette de même nom. [2]. Cet instrument était plus grave d’une octave par rapport à la clarinette contrebasse. Elle sonnait comme un jeu d’orgue de 32 pieds. Le projet, très ambitieux de par la taille de l’instrument, a été abandonné.


Anatomie de la clarinette


Clarinettes droites

La clarinette en Si♭ (mais aussi celles en La, en Ut, en et Mi♭) se présente sous la forme d’un long tuyau droit. La clarinette est généralement réalisée en bois noble tel que l’ébène ou le palissandre (au moins pour le corps). Certains modèles, dits d’études, sont parfois moulés en plastique. Dans les années 1930 le jazz a utilisé des modèles en métalNote : Ces clarinettes en métal sont conçues sur la base de la clarinette moderne. D’autres modèles de clarinettes en métal existent, telle la clarinette turque..Clarinette métal

Aujourd’hui, des clarinettes en matériau composite ont fait leur apparition. Ces clarinettes allient les avantages du bois et ceux du plastique, sans leurs inconvénientsLe Green Line est un matériau inventé et breveté par Buffet Crampon et est composé de 95% de poudre d’ébène à de la fibre de carbone. Ainsi ces clarinettes conservent la sonorité du bois, gagnent en légèreté, et sont moins onéreuses du fait de la disponibilité des matières premières et des coûts de production du plastique.

Les clés sont en maillechort (alliage à base de nickel) nickelé, parfois argenté, ou plus rarement doré.
Pour des raisons pratiques de fabrication et de transport, la clarinette se compose de 6 éléments principaux (de haut en bas) :

  1. le bec et sa ligature,
  2. l’anche fixée sur la partie inférieure du bec,
  3. le barillet,
  4. le corps du haut (pour la main gauche),
  5. le corps du bas (pour la main droite)
  6. le pavillon.

Ces éléments sont reproduits sur la figure ci-contre.

Les deux parties du corps d’une clarinette (en bois ou en plastique) sont frappées d’un numéro de série, sorte d’immatriculation de l’instrument. Lors de l’achat d’un instrument d’occasion, il convient de vérifier que les deux éléments portent bien le même numéro. Le barillet et le pavillon n’étant pas taillés dans la même pièce de bois, et parfois même réalisés dans un autre matériau, ne sont généralement pas marqués.


Le bec

Le bec (ou embouchure) est l’élément par lequel l’instrumentiste insuffle l’air. Autrefois taillé dans le bois ou dans l’ivoire, il est aujourd’hui principalement moulé en ébonite noire ou blanche, en plastique voire en verre (alors appelé « bec cristal »). Dans tous les cas, la table est finie par usinage ou polissage.

Les becs en ébonite sont les plus fréquemment utilisés et offrent une large gamme de sonorité. Les becs en verre ont un entretienNettoyer un bec en ébonite à l’eau chaude le fait jaunir. plus simple et une sonorité plus nette ; ils sont plus rares et sont généralement réservés à la musique classique. Moins chers, les becs en plastique ont également une moindre qualité sonore ; ils sont généralement réservés aux instruments d’étude.

L’ouverture (hauteur de flèche de l’anche) et la longueur de la table (longueur libre en flexion de l’anche) sont les principaux paramètres géométriques distinctifs des becs. Un bec ouvert offre plus de puissance mais peut dégrader la qualité du son.

Le choix d’un bec est aussi important que celui de l’instrument. Il influe grandement sur le confort du musicien. Si les conseils de clarinettistes professionnels peuvent aider au choix d’un bec, seuls des essais personnels permettent un choix définitif. Des prototypes de becs à géométrie variable sont développésBec à géométrie variable, IRCAM..


L’anche

L’anche est la partie vibrante de l’instrument. Elle est faite en roseau de canne et est placée sur le bec au moyen d’une ligature en métal, en cuir ou en plastique. Les modèles allemands utilisent une cordelette comme ligature. Lorsque la clarinette est montée, l’anche se trouve sous le bec, contre la lèvre inférieure du musicien.

Les anches sont vendues taillées selon un classement de dureté, en fonction de l’épaisseur de l’anche. De nombreux musiciens professionnels taillent ou retaillent eux-mêmes leurs anches. La dureté de l’anche et la géométrie du bec sont liées.

L’anche est à l’origine de la production sonore. Avec son utilisation une anche se dégrade rapidement, les fibres du roseau se brisent. La résistance de cette pièce à la pression de l’air, la force de l’anche, est rapidement modifiée. Par conséquence, la façon dont le son est produit est modifié et affecte le jeu du musicien.
Le temps mis par l’anche pour perdre de sa force est variable. Il dépend de la force initiale de l’anche, de son temps d’utilisation, de la pression d’air exercée par le musicien, et de la façon dont le bec est tenu en bouche (de la puissance avec laquelle le clarinettiste serre l’anche entre ses mâchoires). Pour une utilisation quotidienne de deux heures par jour, l’anche doit être changée en moyenne toute les deux semaines.


Le barillet

Le barillet, situé après le bec, est une bague dont le rôle principal est l'accord de l'instrument. La plupart des clarinettistes se munissent de plusieurs barillets de longueur différente afin de pouvoir en changer selon les conditions de jeu (essentiellement les conditions de chaleur et d'humidité) et du diapason retenu par l'orchestre. La longueur de cette pièce et son écartement par rapport au corps de la clarinette influe sur la longueur totale de l'instrument et donc sur l'accord.

Les corps de la main droite et de la main gauche peuvent également être écartés l’un de l’autre, allongeant la taille de l’instrument. Cependant les écarts relatifs des orifices de chacun de ces corps sont calculés pour être fixes. La clarinette est très sensible à toute modification des ces longueurs. Il faut éviter d’utiliser ce moyen pour l’accord. Les professionnels réussissent à compenser la justesse simplement en modifiant leur technique d’embouchure et le support aérodynamique. Dans les cas extrêmes, le recours a des barillets de tailles différentes devient inévitable.


Le corps du haut et le corps du bas

Les deux corps situés entre le barillet et le pavillon de l’instrument portent les trous, les anneaux et les clés. Les doigts de l’instrumentiste bouchent les différents trous en fonction de la note jouée. Lorsqu’un trou est hors de portée des doigts (car situé en haut, en bas et sur les côtés de l’instrument), l’instrumentiste utilise les clés prévues à cet effet.

Certaines clarinettes (en , en Mi♭, mais souvent aussi les clarinettes en métal) ont un corps en une seule partie.


Le pavillon

En prolongeant le chalumeau, le pavillon permet l’émission d’une note plus grave (le Mi) qui par quintoiement, donne le Si (dit bouché). Ainsi la gamme de la clarinette est complète.

Enfin, cette pièce de forme évasée favorise une bonne diffusion du son des notes bouchées : Mi, Fa, Sol, La pour le grave. Elle résout le problème de la justesse relative des notes les plus graves des registres grave et clairon.


Clarinettes à bocal

Les modèles de clarinettes graves présentent quelques différences structurelles par rapport aux clarinettes droites. Il s’agit des clarinettes alto, cor de basset, basse, contralto et contrebasse. Hormis les proportions plus grandes rendant leur tessiture plus basse, l’allongement global du tuyau est obtenu en partie, par l’ajout de pièces cintrées réduisant ainsi son encombrement : le bocal et le pavillon sont réalisés en métal (mêmes alliages que pour les saxophones ou les cuivres). Pour les plus grosses clarinettes, le corps lui-même peut être métallique.

Du fait du poids élevé de l’instrument, une béquille fixée sous le bocal le maintient à hauteur. Les clarinettes graves se jouent principalement en position assise.

Enfin, les modèles graves disposent de notes supplémentaires dans le grave, le Mi♭ essentiellement, voire jusqu’au Do pour le cor de basset et certaines clarinettes basses.


La clarinette en chiffres


Caractéristiques physiques

Pour une clarinette en Si♭ le tableau ci-dessous donne les dimensions et autres données physiques liées à l’instrumentSynthèse obtenue d’après les données fabricant Selmer[3]. Pour certains cas particuliers, ces valeurs pourront évidemment s’écarter des plages proposées.

valeur mini valeur maxi
Longueur 660 mm 670 mm
Masse 700 g

modèle d’étude corps en ABS

900 g

modèle en ébène

Perce ø 13 mm ø 16 mm
Diamètre extérieur du corps ø 27 mm ø 31 mm
Trous

diamètre et écartement moyens

ø 5 mm écart:22 mm

(corps du haut)

ø 9 mm écart:25 mm

(corps du bas)

Notes entendues

(en Ut)

Ré (2)

à 147Hz

Si♭ (5)

à 1867 Hz


Fonctionnement de la clarinette


Prise en main de l’instrument

Comme presque tous les instruments à vent, la clarinette se tient avec la main gauche en haut du corps (plus près de la bouche) et la main droite en bas du corps. Sur le corps inférieur, une patte accueille le pouce qui maintient l’instrument, et qui n’intervient pas dans le jeu. Le poids de l’instrument repose entièrement sur ce doigt, les clarinettistes peuvent souffrir d’une pratique prolongée (risque de tendinitePathologies liées à la pratique de la clarinette La clarinette de A à Z). Les jeunes instrumentistes peuvent alors utiliser un collier.

La clarinette est tenue en bouche et les bras avec un angle de 30 à 45° avec le corps du musicien. Le corps du haut possède trois trous qui sont bouchés par l’index, le majeur et annulaire de la main gauche. Le corps du bas possède également trois trous. Ils sont bouchés par les mêmes doigts de la main droite et dans le même ordre. Les auriculaires de chaque main permettent de manipuler les clefs de bas de registre. Chaque auriculaire est utilisé pour contrôler quatre clefs. Le travail de ces doigts est certainement celui qui demande le plus d’efforts au débutAinsi les premiers chapitres de la Méthode complète pour Clarinette de H.Klosé (ou méthode Klosé) insistent particulièrement sur ce point de technique.. Le changement d’instrument peut nécessiter un temps d’adaptation.

Comme tous les instruments à trous, la note jouée est d’autant plus aiguë que le nombre de trous ouverts est grand et la note la plus grave est obtenue lorsque tous les trous sont bouchés. Pour un même registre, les doigtés des autres notes, s’obtiennent en ouvrant progressivement les trous de la main droite puis ceux de la main gauche.


Émission sonore

Le son est une onde qui se propage dans l’air. Elle résulte d’une variation locale de pression. Les étapes du déroulement d’un cycle d’oscillation de la colonne d’air (en régime d’anche battante) sont les suivantesD’après La clarinette et le clarinettiste: influence du conduit vocal sur la production du son Claudia Fritz thèse de l’Université Paris VI soutenue le 15 décembre 2004. Voir également accoustique de la clarinette:

  1. La colonne d’air contenue dans la perce de l’instrument est à pression atmosphérique et se déplace en direction du pavillon (ou du premier trou ouvert). La minuscule fente entre le bec et l’anche ne permet qu’à une quantité infime d’air d’entrer dans l’instrument. Ceci crée une dépression dans le bec. La différence de pression entre les deux faces de l’anche augmente, ce qui provoque la fermeture immédiate de l’anche (un peu comme une porte qui claque dans un courant d’air).
  2. Une onde de dépression progresse dans le corps de l’instrument et arrive au 1 trou ouvert.
  3. L’air extérieur, à pression atmosphérique, est aspiré par la dépression. Cet air qui jusqu’ici sortait par le trou ouvert change brusquement de direction et entre dans la perce.
  4. La dépression se comble progressivement au fur et à mesure de la progression de l’onde de dépression en direction du bec.
  5. Lorsque toute la colonne d’air contenue dans la perce se trouve à pression atmosphérique (se déplaçant en direction du bec), la différence de pression entre les deux faces de l’anche diminue, ce qui ouvre l’anche.
  6. La progression de la colonne d’air est stoppée net avec la soudaine confrontation avec l’air sous pression régnant dans la bouche. On observe alors la formation d’une onde de surpression se dirigeant vers le 1 trou ouvert.
  7. Quand elle y arrive, l’air qui entrait dans la perce change brusquement de direction et sort par le trou.
  8. La surpression se comble progressivement et on se retrouve au début du cycle, lorsque toute la colonne d’air se retrouve à pression atmosphérique, se déplaçant en direction du pavillon.

Ce cycle se répétant à fréquence constante, on obtient l’émission d’une note dont la hauteur est liée à cette fréquence. Ainsi le La (3), à 440 Hz, est obtenu quand ce cycle se produit 440 fois par seconde.


La clarinette dans les formations musicales


Orchestre symphonique

Dans l’orchestre symphonique la clarinette s’inscrit au pupitre des bois, avec une faible occurrence. La plupart du temps une à deux clarinette sopranos sont utilisées (Si♭ ou La suivant la tonalité des morceaux). Une clarinette basse peut compléter la formation. Plus rarement certaines pièces telles que le Boléro de Ravel ou bien la Symphonie fantastique de Berlioz font usage d’une petite clarinette. Mozart a également beaucoup utilisé le cor de basset, notemment dans son opéra “La Clémence de Titus”, dans sa Musique Funèbre Maçonnique, et dans son Requiem.


Orchestre de chambre

Les orchestres de chambre étant de petits orchestres, ils ne rassemblent pas obligatoirement tous les pupitres de l’orchestre symphonique. Certains bois viennent apporter une couleur différente au son des violons, parmi lesquels la clarinette occupe une place privilégiée. L’Orpheus Chamber Orchestra est un bel exemple de ce type de formation ; dans leur enregistrement consacré à Aaron Copland, la clarinette tient une magnifique partition Aaron Copland Three Orpheus Chamber Orchestra Latin-American Sketches -2 GH. (1972)..

Il existe aussi des orchestres de chambre composés exclusivement de clarinettes, interprétant des pièces transcrites ou dédiée. Ces formations son composées de trois ou quatre instruments comprenant essentiellement des clarinettes soprano (Duo, trio, quatuor de clarinettes sopranos) et complétées éventuellement par une clarinette basse.

Un ensemble complet de clarinette est formé par quatre à cinq clarinettes sopranos, une clarinette alto, une clarinette basse et éventuellement une clarinette contralto et/ou contrebasse. Certains ensembles de clarinette disposent de quasiment toutes les tailles de clarinette, pour autant de variété de timbre


Orchestre d’Harmonie

La clarinette Si♭ est à l’harmonie ce qu’est le violon à l’orchestre symphonique. Pour une harmonie de 50 musiciens, on compte idéalement 10 à 12 clarinettes réparties sur trois voix. Ce pupitre est souvent situé à gauche du chef d’orchestre, c’est-à-dire à la même place que les violons de l’orchestre symphonique, face aux saxophones.

Dans les plus gros orchestres, on trouvera également une à deux petites clarinettes Mi♭, une clarinette alto, une à deux clarinettes basses et, à l’occasion, une clarinette contralto ou contrebasse.


Autres formations

On retrouve également la clarinette dans certains « ’stages band’ », souvent jouée par un saxophoniste.


Emploi dans les principaux styles musicaux


Musique classique


La musique de style classique ( siècle)

La généralisation de l’utilisation de la clarinette commence au siècle. À cette époque l’instrument est en cours de maturation et des modèles de grandes factures voient le jour. Vivaldi signe les deux premier concertos avec clarinette dès 1716Vivaldi, concerto grosso 559 et 560. Source : Brochure Selmer, page 7.. Rameau l’introduit à l’opéra en France en 1749 pour sa tragédie lyrique ZoroastrePhilippe Beaussant (Rameau de A à Z).

Instrument d’orchestre, de nombreux compositeurs ont élevé la clarinette au rang de soliste à partir de la période classique, de l’école de Mannheim jusqu’aux contemporains. Les principales œuvres sont des concerto pour clarinette. Ces pièces ont été composés par Franz Krommer, J.M. Molter (Clarinette en ré), W.A MozartW.A Mozart, Concerto pour clarinette, KV 622., Ludwig Spohr, Johann Stamitz et Karl Stamitz. On compte également plusieurs concertos pour deux clarinettes, tels que ceux de Karl Stamitz et Franz Krommer.

A cette époque, la clarinette est également utilisée en musique de chambre. C’est le cas dans de nombreuses œuvres de Mozart, telles que le quintette avec clarinette ou le trio avec alto et piano (dit « des quilles »).
Mozart utilise également la clarinette pour sa musique d’orchestre. C’est ainsi qu’elle est employée pour des solos importants dans l’opéra « la Clémence de Titus ».


La musique de style romantique ( siècle)

Alors que la période classique avait fait un usage intensif de la clarinette en tant qu’instrument soliste, le siècle utilisera principalement la clarinette en tant qu’instrument d’orchestre. C’est ainsi qu’elle intervient avec la flûte et le hautbois dans un trio du second mouvement de la cinquième symphonie de Ludwig van Beethoven.

Malgré tout, à cette époque quelques pièces importantes utilisent la clarinette en musique de chambre. Les formations et les œuvres sont variées. On trouve cet instrument dans des trio avec piano et violoncelle (Ludwig van BeethovenLudwig van Beethoven trio en si bémol majeur op 11 et Johannes BrahmsJohannes Brahms Trio pour clarinette, violoncelle et piano, op. 114), une fantaisie et des sonates avec piano et clarinette (Robert SchumannRobert Schumann Fantasiestücke avec piano Opus 73 , J. BrahmsJohannes Brahms, Deux sonates avec clarinette, Sonate op. 120 nº 1 en fa mineur et Sonate op. 120 nº 2 en mi bémol majeur) et des formations de quintettes avec cordes de Carl Maria von WeberCarl Maria von Weber Quintette Pour Clarinette En Si Bémol Majeur, Opus 34Carl Maria von Weber Sept variations sur un thème de Silvana pour Clarinette et piano en si bémol majeur, Op.33 et Johannes BrahmsJohannes Brahms Quintette pour clarinette et cordes en si mineur, op. 115.
Enfin, la clarinette reste utilisée comme instrument soliste de concertos. Carl Maria von Weber lui compose ainsi deux concertosCarl Maria von Weber Concerto Pour Clarinette N°1 En Fa Mineur, Opus 73 et Concerto Pour Clarinette N°2 En Mi Bémol Majeur, Opus 74, un concertinoCarl Maria von Weber Concertino pour clarinette et orchestre, Opus 26 et le Grand duo concertant avec pianoCarl Maria von Weber Grand Duo Concertant pour Clarinette et Piano, Op.48.


La musique de style moderne (début siècle)

La clarinette est très utilisée dans la musique du début du siècle. Les principaux compositeurs de cette période ont écrit pour l’instrument.

La clarinette est utilisée dans la plupart des formations instrumentales, depuis les pièces pour clarinette seule (Igor StravinskiIgor Stravinski trois pièces pour clarinette solo), jusqu’aux pupitres des bois des orchestres. La clarinette reste un instrument de choix pour la musique de chambre. On compte de nombreuses œuvres pour clarinette et piano (Camille Saint-Saëns, Francis Poulenc, Claude Debussy, Alban Berg). L’instrument intervient avec les cordes dans des trios (Béla BartókBéla Bartók « Contrastes » avec violon et piano) et des quatuors (Olivier MessiaenOlivier Messiaen « Quatuor pour la fin du temps » avec violon, violoncelle et piano)

L’instrument reste utilisé pour des concertos (Carl Nielsen, Aaron Copland sur commande de Benny Goodman) et le rôle du Chat dans « Pierre et le loup » de Sergueï Prokofiev est tenu par la clarinette.


La musique de style contemporain (post-Darmstadt-après 1949)

La clarinette est très appréciée par les compositeurs contemporains. C’est le cas dans :

  • « Sequenza » de Luciano Berio
  • « Domaines », en version pour clarinette solo et en version avec ensemble, « Dialogue de l’ombre double » avec électronique de Pierre Boulez
  • « Ombra » pour clarinette contrebasse de Franco Donatoni
  • « Sonate » pour clarinette seule de Germaine Tailleferre
  • « Génération » concerto grosso pour trois clarinettes et orchestre de Jean-Louis Agobet


Musiques folkloriques et traditionnelles


Les musiques des Balkans

La clarinette est aujourd’hui, avec le saxophone, l’instrument roi de la musique des BalkansLa clarinette dans les Balkans. On la trouve notamment en Bulgarie, en Grèce, en Turquie, et dans le Banat au sud de la Roumanie. Elle est présente dans les noces, les fêtes de village, et aujourd’hui dans des concerts « modernes » où se marient claviers, batterie, et instruments traditionnels. Devant jouer parfois toute une nuit, le clarinettiste préfère les becs ouverts et les anches faibles. Le son qui en ressort est très caractéristique : embouchure relâchée, vibrato sur les notes longues, détaché léger mais toujours présent, suivant les ornementations des doigts pour obtenir le fameux « Tay-ta », au demi-ton. Afin de produire au mieux ces ornementations, les clarinettistes préfèrent souvent utiliser les systèmes « Full boehm ».


La musique bretonne

La clarinette est présente dans la musique traditionnelle bretonne depuis les années 1850 environ. Le clarinettiste est appelé « sonneur de clarinette », et la clarinette « Treujenn goal » en breton(tronc de choux :la tige des choux à vaches laisse apparaitre un creux lorsque l’on coupe une feuille,celà fait penser aux clés en forme de”cuillère à sel”des clarinettes du XIX siècle ). Elle est traditionnellement jouée en duo, imitant les couples biniou/bombarde ou le kan ha diskan (chant à répondre), en utilisant des effets de tuilage : le premier clarinettiste joue une phrase, le deuxième commence à jouer les dernières notes de la phrase puis la reprend du début. Le répertoire est d’abord axé sur la musique à danser (pour les mariages ou festoù-noz aujourd’hui), mais pas seulement, on trouve aussi des marches, et des tempos lents.

Aujourd’hui, on la trouve dans des formations plus évoluées, telles les groupes de bal ou de concert.

Certains facteurs font aujourd’hui des clarinettes artisanales, sans clefs, généralement en Sol, moins chères et plus faciles d’utilisation.


Le klezmer

La clarinette a supplanté le violon dans la musique yiddish [4] (klezmer). [5]

Des clarinettistes bien connus en la matière sont Naphtule Brandwein, Dave Tarras, Giora Feidman et David Krakauer. Le style de jeu est influencé par la musique grecque et turque, et les chants religieux d’une synagogue. Elle imite souvent le Shofar, la voix humaine, et d’autres sonorités non-musicales.


Pito y tambor

En Cantabrie, région du nord de l’Espagne, parmi les styles de musique folklorique, on trouve les « Piteros », duo composé d’une caisse claire (tambor) et d’une clarinette (pito qui donne son nom à ce type formation). Très mobiles, ils se produisent lors des fêtes de village, foires ou pèlerinages. Les thèmes joués, appelés « jotas montañesas » sont sur une base rythmique à 3/4 (à 200 environ à la noire), sur lequels s’exécutent spontanément des groupes de danseurs improvisés.

Cette clarinette en Mi ♭ (avec un petit nombre de clefs pour les instruments les plus anciens), est appelée alors « requinto ». On notera cependant deux modifications : La clef de douzième est volontairement tordue pour ne plus se fermer. De ce fait l’instrument est toujours dans les registres du clairon ou suraigu ce qui permet au son de porter loin. De plus, l’embouchure est retournée (anche en haut comme sur le chalumeau), ce qui confère un son plus perçant.

Le pito est l’instrument mélodique de la formation. Il peut être remplacé par un fifre parfois.


Autres musiques

La clarinette est très présente dans la musique traditionnelle turque[6], parfois sous sa forme occidentale, parfois sous la forme d’une clarinette en métal qui la fait ressembler à un saxophone soprano ; la perce reste néanmoins cylindrique contrairement à celle du saxophone, et le son et le comportement restent ceux d’une clarinette.

Elle est de façon générale bien intégrée aux différentes musiques traditionnelles. On la retrouve :

  • en Suède, où, bien que très rarement employée aujourd’hui (Kjell Leidhammar dans Vindvak), .
  • dans les musiques centre-France où elle est de plus en plus présente.


Le jazz

La clarinette est un instrument qui se prête bien au jazz, bien qu’elle soit moins utilisée que le saxophone à cet égard. Elle a été notamment utilisée en jazz Nouvelle-Orléans. Dans ce style, Sidney Bechet demeure l’un des plus célèbres clarinettistes de l’époque.Cependant le jazz plus moderne compte quelques grands artistes comme par exemple Buddy de Franco, Eddie Daniels, Don Byron, Tony Scott, Alvin Batiste, Perry Robinson, John Surman et Rolf Khun .

Bien qu’il s’agisse d’une pièce classique, le Rhapsody in Blue de George Gershwin, commence par le très célèbre solo de clarinette, et un glissando ascendant remarquable (Mi au Do suraigu). De même, Aaron Copland composa, en 1943, un concerto dont la cadence centrale ressemble à une improvisation jazz.

On peut citer également : Mezz Mezzrow, Barney Bigard, Benny Goodman, Artie Shaw, Claude Luter, Louis Sclavis, Theo Jorgensmann, Xavier Charles, Sylvain Kassap, Maxim Saury, Michel Portal, Jacques Di Donato, John Surman, Marcel Zanini.

Le saxophoniste Art Pepper a laissé également quelques enregistrements à la clarinette. Le saxophoniste Eric Dolphy est également connu pour avoir popularisé la clarinette basse dans le jazz. Les clarinettes sont également utilisées en jazz funk ,ces instruments supportent bien les effets wah wah, et de réverbération.


Autour de la clarinette


Citations

  • Hector Berlioz:
[…] La clarinette est peu propre à l’idylle, c’est un instrument épique, comme les cors, les trompettes et les trombones. Sa voix est celle de l’héroïque amour ; et si les masses d’instruments de cuivre, dans les grandes symphonies militaires éveillent l’idée d’une troupe guerrière couverte d’armures étincelantes, marchant à la gloire ou à la mort, les nombreux unissons de clarinettes, entendus en même temps, semblent représenter les femmes aimées, les amantes à l’œil fier, à la passion profonde, que le bruit des armes exalte, qui chantent en combattant, qui couronnent les vainqueurs ou meurent avec les vaincus. Je n’ai jamais pu entendre de loin une musique militaire sans être vivement ému par ce timbre féminin des clarinettes, et préoccupé d’images de cette nature, comme après la lecture des antiques épopées. Ce beau soprano instrumental, si retentissant, si riche d’accents pénétrants quand on l’emploie par masses, gagne dans le solo en délicatesse, en nuances fugitives, en affectivités mystérieuses ce qu’il perd en force et en puissants éclats. Rien de virginal, rien de pur comme le coloris donné à certaines mélodies par le timbre d’une clarinette jouée dans le médium par un virtuose habile.

C’est celui, de tous les instruments à vent, qui peut le mieux faire naître, enfler, diminuer et perdre le son. De là la faculté précieuse de produire le lointain, l’écho, l’écho de l’écho, le son crépusculaire. Quel plus admirable exemple pourrai-je citer de l’application de quelques-unes de ces nuances, que la phrase rêveuse de la clarinette, accompagnée d’un trémolo des instruments à cordes, dans le milieu de l’allegro de l’ouverture du Freyschütz !!! N’est-ce pas la vierge isolée, la blonde fiancée du chasseur, qui, les yeux au ciel, mêle sa tendre plainte au bruit des bois profonds agités par l’orage ? […]Hector Berlioz, traité d’instrumentation et d’orchestration

  • Ambrose Bierce

Clarinette : instrument de torture utilisé par une personne qui a du coton dans les oreilles. Il y a deux instruments qui sont pires qu’une clarinette - deux clarinettesAmbrose Bierce Dictionnaire du Diable.

  • Raymond Devos

Je me suis remis à la clarinette. C’est ce qui rapproche le plus de l’anglais.Raymond Devos Sens dessus dessous

  • François-Auguste Gevaert :

Son timbre réalise à un degré éminent les qualités maîtresses de cette voix instrumentale, pureté et mordant joint l’éclat à la douceur.François-Auguste Gevaert, Neue Instrumenten-Lehre, paru en Français sous le titre Nouveau traité d’instrumentation - clarinette.

  • André Grétry :

La clarinette en Si bémol est un instrument qui exprime la douleur. Lorsqu’il exécute des airs gais, il y mêle encore une certaine teinte de tristesse. Si l’on dansait dans les prisons, je voudrais que ce fût au son de la clarinetteD’après Historique de la clarinette.

  • Émile Zola, interrogé par François Coppée à propos de la clarinette :
[…] c'est l'instrument qui représente l'amour sensuel, tandis que la flûte représente tout au plus l’amour platonique. «Comme le hautbois représente le paysage ironique,» Propos rapportés par le Journal des Goncours-Histoire de la vie littéraire-, tome huitième, Mercredi 15 juillet 1889.


Voir aussi


Articles connexes

  • Musique, son ;
  • Instruments à vent, instruments à anche ;
  • Clarine, clairon, hautbois, saxophone ;
  • anche, Barillet, Clef, embouchure;
  • Doigtés de la clarinette ;
  • Les clarinettistes célèbres, Hyacinthe Klosé, Iwan Muller.
  • Coupe anche


Liens externes


Sur les instruments

  • Iconographie et clarinettes anciennes

Les liens suivants proposent une iconographie de la clarinette, en particulier concernant les modèles anciens.

La clarinette : historique, description… ;
Clarinette.net : historique détaillé et images de clarinettes anciennes ;
Frise historique de la clarinette.
  • Informations pratiques
La Clarinette de A à Z : les conseils d’un clarinettiste professionnel ;
Clarinettes & Saxophones : informations pratiques ;
  • Modèles de clarinettes rares
Facteur amateur : une clarinette insolite réalisée en bambou, avec démonstration sonore ;
Clarinette contre basse (modèle Leblanc) avec des extraits sonores ;
  • Pour aller plus loin
Acoustique de la clarinette, IRCAM.
Bec à géométrie variable Recherche acoustique, IRCAM.


Les différents styles de musique

Cette section propose des liens vers les diverses utilisations de la clarinette dans le monde.

  • Ensembles de clarinettes
  • Musiques des Balkans
Autres liens (Stages, CD, concerts, etc).
  • Musique bretonne
Les facteurs d’instruments : Hervieux et Glet, Axone Musique ;
Un site complet sur la treujenn goal.
  • Autres liens utiles
Biblioteca Clariperu : musique pour clarinette libre ;
Pito y tambor : « los piteros ».


Bibliographie

  • Michel Arrignon, Claude Crousier et Jacques Lancelot Clarinette.
Institut de pédagogie musicale et chorégraphique (1991) ISBN 2-906460-20-6) ;
  • Jean Jeltsch La clarinette à six clés. Historique, description, tailles, esthétique.
Edition quadrilingue (1997) ISBN 2-841-69067-9) ;
  • Robert Marchal La clarinette des origines à nos jours.
Publication : Saint-Dié (1 rue des Castors) : R. Marchal, (1997) ;
  • Alain Sève Le paradoxe de la clarinette. étude générative des multiphoniques des 1/4 de tons et des micro-intervalles, [S.l.]
[A. Seve], (1998) ISBN 2-9513196-0-6) ;
  • Laurent Blum, Le geste du clarinettiste.
Lille : ANRT, (2000), Thèse d’État : Musicologie : Pau, Univ. de Pau et des Pays de l’Adour, 1996 ISBN 2-284-01245-0) ;
  • James Barry, Mémoire d’ébène.
Buffet-Crampon, 2001, ISBN 2-61637-0-1) ;
  • Pierre Dutrieu, 10 ans avec la clarinette. catalogue raisonné, partitions et bibliographie.
Paris, Cité de la musique, Département pédagogie et documentation musicales, (2003) ISBN 2-914147-14-7) (rel. à spirale) ;
  • Ernest Ferron, maître luthier, Clarinette, mon amie. Essai sur la clarinette
IMD 312, Éditions International Music Diffusion, Diffusion ARPEGES, (pas d’ISBN).


Références, notes et citations

L’Histoire d’une mère

L’Histoire d’une mère est un album de bande dessinée pour la jeunesse adapté d’un conte de Hans Christian Andersen.

  • Scénario, dessins et couleurs : Peter Madsen


Publication


Éditeurs

Alain Carignon

Alain Carignon, né le 23 février 1949 à Vizille, est un homme politique français. Ancien ministre et ancien maire de Grenoble. Il a été condamné à cinq ans de prison et à cinq ans d’inéligibilité dans une affaire de pot-de-vins en 1996.

Il est président de l’UMP pour l’Isère depuis 2003 et candidat à la mairie de Grenoble pour 2008Guerre ouverte entre UMP pro- et anti-Carignon à Grenoble, Le Monde , 5 juin 2007.

Sommaire


Carrière


Débuts en politique

Diplômé de l’Institut d’administration des entreprises de Grenoble, il commence sa carrière au cabinet du médiateur, puis à la commission industrie du Conseil économique et social. Il entre au Conseil général de l’Isère et devient chargé de mission auprès de Jérôme Monod, secrétaire général du RPR.

Il se fait connaitre en emportant la mairie de Grenoble en 1983, bastion socialiste de longue date face à Hubert Dubedout. Il devient ensuite député européen en 1984 et président du conseil général de l’Isère en 1985. Il fait partie des douze jeunes députés « rénovateurs » RPR et UDF (avec notamment François Léotard, Michel Noir et Philippe Seguin), qui souhaitent évincer Valéry Giscard d’Estaing et Jacques Chirac.

Anecdotiquement, on se rappellera la méticulosité avec laquelle Alain Carignon a toujours soigné son image publique. Par exemple, en 1980, à l’occasion d’un voyage en mer dont le récit en a surpris plus d’un à l’époqueLa presse en bateau.


Carrière ministérielle

En 1986, il remporte les législatives dans la circonscription de sa ville et est alors appelé par Jacques Chirac dans le premier gouvernement de cohabitation, au poste de ministre délégué à l’Environnement.

Réélu député en 1988, il démissionne de ce mandat pour cause de cumul de mandats. Lors du second gouvernement de cohabitation, en 1993, le nouveau premier ministre Édouard Balladur le nomme ministre de la Communication, poste dont il doit démissionner l’année suivante en raison d’une affaire de pot-de-vins, pour laquelle il a été condamné à cinq ans de prison, dont quatre fermes, et à cinq ans d’inéligibilité en 1996.


Affaire Dauphiné News

Le le juge Philippe Courroye ouvre une information contre X pour abus de biens sociaux et recel. L’affaire en question concerne les journaux News et Dauphiné News de Grenoble, journaux lancés quelques semaines avant les élections municipales de 1989 et qui sont en faveur du conseil municipal en place. En mars 1989 Alain Carignon est réélu maire de Grenoble et les journaux disparaissent laissant un passif de 10 millions de francs. La Lyonnaise des eaux, qui vient de remporter, via une de ses filiales, la gestion des eaux de Grenoble nouvellement privatisée, entre alors dans le capital de l’entreprise de presse, et bien que celle-ci n’ait plus d’activité, elle en éponge les dettes.

Le Alain Carignon annonce sa démission de son poste de ministre de la Communication du gouvernement pour pouvoir être mis en examen. Il est condamné le par un arrêt définitif de la chambre correctionnelle de la Cour d’appel de Lyon à 5 ans de prison (dont 1 an avec sursis), 5 ans d’inéligibilité, et 400 000 francs d’amende pour corruption, abus de biens sociaux (pour avoir détourné à son usage personnel 19 073 150 francs, soit 2 907 683 euros), et subornation de témoins. Il a été libéré en mai 1998.

En avril 2007, ni le site web d’Alain Carignon ni son blog ne comportaient de référence à ces condamnations.”On sait les années suivantes les attaques subies de la part de nos adversaires du fait des circonstances judiciaires. Difficile de parler de soi. Se défendre ? Se justifier ? S’expliquer ? […] Me permettre ce combat relevait aussi de l’intelligence politique, car on ne doit jamais céder sur l’essentiel quand notre camp est mis en cause si injustement. […] Etant un des rares élus à avoir payé une dette à la société pour le financement politique dont tout le monde a bénéficié, je suis en règle avec la loi. Je n’accepte donc aucune leçon de quiconque.” (Alain Carignon, sur son site)


Retour en politique

Après avoir purgé l’intégralité de sa peine, il revient en politique 4 ans plus tard, à partir de 2002. Malgré l’opposition d’Alain Juppé, alors en charge de fonder l’UMP, il retrouve d’abord sa place dans sa famille politique au moment de la constitution de l’UMP, Guerre ouverte entre UMP pro- et anti-Carignon à Grenoble, Le Monde, 5 juin 2007. Tout en affirmant n’avoir “aucune ambition électorale” et n’être “candidat à rien“, il prend la présidence de l’UMP en Isère en 2003.

Dans un dossier spécial Grenoble paru en mars 2007, le magazine l’Express explique que la stratégie d’Alain Carignon pour prendre l’UMP Isère consistait à faire s’inscrire à l’UMP le plus grand nombre de ses partisans d’avant « les Affaires ». Seulement, les bulletins d’adhésion étaient conservés et furent directement envoyés à Paris sans passer par les instances locales fin décembre 2002, cela afin de n’éveiller aucun soupçon chez ceux qui tenaient alors les rênes du parti dans le département, guère riche à l’époque en adhérents. Conformément aux statuts de l’UMP, ces nouveaux adhérents étant inscrits avant le 31 décembre 2002 pouvaient participer au renouvèlement des instances locales de l’UMP. C’est ainsi que lors des élections internes qui eurent lieu en 2003, la déferlante de nouveaux adhérents pro-Carignon se rendit voter pour leur candidat à la présidence de l’UMP Isère, Alain Carignon, qui fut ainsi élu.

La présidence d’Alain Carignon à la tête de l’UMP du département sera marquée par une augmentation importante du nombre d’adhésions. On peut supposer que cette augmentation est due d’une part à l’effet Carignon, ses anciens partisans adhérant à l’UMP, faisant parfois adhérer aussi leur famille toute entière ; et d’autre part à l’effet Sarkozy qui après son élection à la tête de l’UMP en 2004 a motivé de nombreux citoyens à adhérer au parti.

L’UMP Isère participera activement aux différentes échéances électorales (élections régionales en 2004, référendum sur le traité Constitutionnel en 2005).


Élections législatives de 2007

Il faudra attendre l’année 2006 pour qu’Alain Carignon se porte candidat aux élections législatives de 2007 face à Richard Cazenave, député UMP sortant.
En octobre 2006, la Commission nationale d’investiture de l’UMP désigne comme candidat pour la première circonscription de l’Isère Richard Cazenave. Alain Carignon réussit finalement à décrocher l’investiture de son parti après avoir organisé le 6 novembre un vote des militants de la 1ère circonscription. Il est alors accusé par son opposant d’avoir inscrit en masse des faux militants ” A ce propos, Richard Cazenave rappelle tout de même «qu’en deux mois, le nombre des inscrits est passé de 700 à 1 800 », ‘Grenoble : Alain Carignon à quitte ou double’, Ouest-France, 1er juin 2007. Le nombre important d’adhérents UMP sur cette circonscription traditionnellement positionnée à droite et qui d’autant plus sont pour la plupart d’entre eux favorables à Alain Carignon fera que ce dernier sera finalement désigné candidat. La Commission nationale d’investiture ne peut que se plier aux décisions des militants et décide d’investir courant novembre Alain Carignon pour représenter l’UMP lors des élections législatives de 2007.

Une longue campagne s’ouvre alors, marquée d’un côté par des envois de courriers, de mails et la tenue de nombreuses réunions publiques par Alain Carignon avec la présence de personnalités politiques (Renaud Donnedieu de Vabres, Valérie Pécresse, Pierre Méhaignerie, etc.) et de l’autre par une opposition farouche au retour de Carignon en politique. Tant à l’UMP, avec par exemple Richard Cazenave, Mathieu Chamussy (conseiller municipal UMP de Grenoble) et même Hervé Gerbi et son “groupe des 35″,ainsi que Philippe de Longevialle, Président du MoDem Isère et Stéphane Gemmani, Président d’Autrement, suppléant de Philippe de Longevialle, candidat MoDem sur la première circonscription de l’Isère, que sur le reste de l’échiquier politique, l’opposition à Alain Carignon va se mettre en place. Tous les partis politiques présents à Grenoble condamneront le retour d’Alain Carignon. Parti Socialiste, UDF, MPF, ADES […] tous s’opposent au « retour des vieilles méthodes ». Un site www.alaincarignon.info ouvrira même dont l’objectif est de rappeler aux Isèrois les différentes affaires de corruption dans lesquelles a été impliqué Alain Carignon dans le passé. On verra aussi apparaitre à la veille des élections dans les rues de Grenoble une campagne massive d’affichage d’autocollants anonymes présentant Alain Carignon comme le corrompu, le condamné.
Durant la campagne, Alain Carignon a reçu publiquement l’appui de Nicolas Sarkozy en avril 2007wwww.alaincarignon.blogs.com La sympathie de Jacques Chirac, 7 avril 2007 page consultée le 20 avril 2007 et celui de François Fillon en mai 2007 Le soutien de François Fillon, Blog d’Alain Carignon. Cependant ce soutien est à nuancer par l’absence de déclarations officielles de Nicolas Sarkozy en faveur d’Alain Carignon autres que les lettres formatées et envoyées à tous les candidats UMP aux élections législatives, avec pour seul changement entre elles le nom du candidat en entête.


Finalement, au terme de cette longue campagne qui semble avoir exacerbé les électeurs de la 1ère circonscription, Alain Carignon se retrouve en seconde position à l’issu du premier tour des élections législatives avec 21,45% des bulletins exprimés, juste devant Richard Cazenave qui perd ainsi son siège de député avec 19,62% des bulletins exprimés, mais largement derrière Geneviève Fioraso, la candidate du Parti Socialiste, qui obtient 32,02% des bulletins exprimés. http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_votre_service/resultats-elections/LG2007/038/circons01.html
Sans grande surprise, Alain Carignon est battu au deuxième tour par son opposante socialiste Geneviève Fioraso qui obtient 63,03% des suffrages contre seulement 36,97% pour le candidat UMP. C’est une large défaite qui pose la question de la candidature d’Alain Carignon aux élections municipales de 2008 à Grenoble. Ce dernier avait en effet déclaré, quelques jours après l’élection de Nicolas Sarkozy, profitant ainsi de la victoire de celui-ci à la présidentielle, être candidat aux municipales pour Grenoble en 2008. Seulement cette défaite aux législatives hypothèque fortement une victoire UMP à Grenoble lors des prochaines échéances électorales de 2008 si Alain Carignon est celui qui conduit la liste UMP.

Bien qu’ayant accepté la défaite, Alain Carignon refuse d’en être le responsable. Il accuse en effet au travers de son blog la campagne calomnieuse à son égard qui a été menée par l’ensemble de la classe politique durant la campagne. On peut se demander si la défaite vient de la propagande anti-Carignon, bien réelle, qui a été menée durant cette campagne ou alors du poids de la mémoire chez les électeurs ? Car Alain Carignon déjà bien avant la campagne était un nom qui dans l’opinion publique rimait avec corruption. Et malgré l’effet de la large victoire de Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle, malgré l’ancrage traditionnellement à droite de cette circonscription, que certains estimaient qu’elle avait été taillée “sur mesure” pour Alain Carignon, ce dernier n’a pas réussi à y être élu, se faisant même largement battre par la candidate socialiste.


Catastrophe de Tchernobyl

Le , peu après la catastrophe de Tchernobyl, et alors qu’il était ministre de l’Environnement, il déclarait au journal télévisé d’Antenne 2 que ‘, ce qui était un mensonge, et qui a été le sujet d’une très vive controverse, notamment en raison des conséquences de la catastrophe de Tchernobyl en France.


Mandats

  • Maire de Grenoble entre 1983 et 1995
  • Député de l’Isère de 1986 à 1993
  • Président du Conseil général de l’Isère de 1985 à 1997
  • Député européen de 1984 à 1986
  • Ministre délégué auprès du ministre de l’Équipement, du Logement, de l’Aménagement du territoire et des Transports, chargé de l’Environnement du gouvernement Jacques Chirac (2) (du au )
  • Ministre de la Communication du gouvernement Édouard Balladur (du au )


Ouvrages


Références


Liens externes

  • Le site Web d’Alain Carignon
  • Le blog d’Alain Carignon
  • Le texte de l’arrêt de la Cour d’appel de Lyon du 9 juillet 1996 : condamnation Alain Carignon à 5 ans d’emprisonnement dont 1 an avec sursis, 400 000 francs d’amende, interdiction du droit de vote et d’éligibilité pour une durée de 5 ans pour corruption passive, recel d’abus de biens sociaux et subornation de témoin
  • Site d’opposants à la candidature d’Alain Carignon aux élections législatives dans l’Isère

Limitations de vitesse en République de Macédoine

Les limitations de vitesse en vigueur en République de Macédoine (abréviation officielle: MK - pour “Makedonija“) sont les suivantes :

  • 60 km/h en ville
  • 80 km/h hors agglomération
  • 100 km/h sur routes nationales (à chaussée séparée)
  • 120 km/h sur autoroute


Autres règles

  • Taux d’alcoolémie maximum autorisé au volant : 0,5 g/L d’alcool dans le sang


Voir aussi

  • Vitesse maximale autorisée sur route


Lien externe

  • Ambassade de la République de Macédoine en Pologne

Préromantisme

Certains critiques littéraires ont cru discerner des tendances romantiques dès le siècle. Ils regroupaient ces tendances sous le nom de Préromantisme. Rousseau, Diderot ou Prévost seraient des préromantiques. Voici les traits principaux du préromantisme chez ces deux écrivains——–

  • Réhabilitation des passions et du moi.
  • Culte de la sensibilité.
  • Exaltation du sentiment de la nature.
  • Exaltation de l’originalité de style et de personnalité.

La notion de préromantisme, en vogue des années 1960 aux années 1970, a cependant été abondamment critiquée pour plusieurs

Économie du Nigeria

L’économie du Nigeria est dans sa structure comparable à celle de bien des pays africains, mais tout y est à une échelle supérieure : la main-d’œuvre (le Nigeria est le pays le plus peuplé d’Afrique), les ressources naturelles (il est le 1 producteur africain de pétrole), la corruption (le classement 2007 de Transparency International de l’indice de perception de la corruption le classait 147 sur 179 pays évalués).

Seul son produit intérieur brut (PIB) par habitant le situe dans la moyenne africaine. Il reste d’ailleurs largement en dessous du niveau d’avant l’indépendance. Environ deux tiers de la population vivent en dessous du seuil de pauvreté absolue (1 $ par jour), contre 43 % en 1985. Malgré cela, et grâce à son potentiel humain et sa richesse en ressources naturelles, le Nigeria se classe au rang de 2 puissance sub-saharienne, derrière l’Afrique du Sud. Avec environ 125 milliards de dollars par an, son PIB (en parité de pouvoir d’achat) équivaut à près de la moitié de celui de la Suisse. L’essentiel de l’activité économique se réalise dans la zone côtière, au sud du pays.

Sommaire


Historique

L’essentiel du développement économique du Nigeria s’est produit dans le sud du pays, où les premiers colonisateurs européens et plus particulièrement britanniques se sont installés à partir du milieu –début s, dans le cadre de la compétition générale pour le contrôle du commerce dans l’Atlantique. Pour concurrencer les Hollandais dans le commerce des esclaves, la Company of the Royal Adventurers obtint une charte de monopole pour l’Afrique de l’Ouest dès 1660, puis fut remplacée en 1672 par la Royal African Company. Après l’élimination progressive des Hollandais au et la chute de Napoléon Bonaparte en 1815, le Royaume-Uni resta la seule puissance dominante de la région.

Le commerce des esclaves fut la cause essentielle des conflits meurtriers qui ensanglantèrent le sud du pays pendant les trois siècles où il fut pratiqué. Vers le milieu du , il devint plus intéressant pour les Britanniques de trouver de nouveaux débouchés pour leurs produits manufacturés, ainsi que d’assurer leur mainmise sur le commerce de l’huile de palme et de l’ivoire, au besoin en imposant leur pouvoir directement sur les chefs des tribus côtières de ce qui deviendra le Nigeria.

En 1850, les principales bases britanniques étaient situées dans le delta du Niger et à Lagos, mais un mouvement de développement de l’arrière-pays fut entrepris afin notamment de contrecarrer les éventuelles revendications territoriales des autres puissances coloniales. Lagos devint une colonie de la Couronne en 1861 pour permettre une meilleure lutte contre le trafic d’esclaves désormais illégal, juguler les luttes intestines entre yorubas, et empêcher que les Français ne s’en emparent. Les nouveaux occupants favorisèrent le développement dans les années qui suivirent de cultures commerciales et, lors de son accession à l’indépendance en 1960, le pays était la première puissance agricole du continent africain.

Des années de mauvaise gestion, essentiellement imputables à la corruption généralisée ainsi qu’à l’incompétence des pouvoirs militaires qui se succéderont aux commandes du pays, feront qu’au début du siècle le pays n’a plus de présence significative sur les marchés mondiaux. Désormais, le pétrole constituant l’essentiel des exportations et du revenu de l’État, la situation économique générale est fortement dépendante des cours mondiaux du brut.

Cependant depuis l’arrivée du gouvernement civil réformateur d’Olusegun Obasanjo en 1999 et la remontée des cours du brut en 2004, le pays connaît une croissance vigoureuse de son PIB, (de 4 à 6 % par an).


Ressources naturelles


Exploitation pétrolière

Les premiers signes d’intérêt pour l’exploitation des ressources pétrolières nigérianes datent du début du , au moment où le pétrole devient une ressource stratégique de premier ordre. Des compagnies privées britanniques commencèrent donc à prospecter aux quatre coins de l’Empire (Trinidad, Indes orientales, Birmanie) afin de diversifier les sites de production, essentiellement localisés au Moyen-Orient.

C’est en 1906 que John Simon Bergheim, après avoir racheté toutes les licences d’exploration de la région, convainquit le gouvernement colonial du Nigeria d’octroyer une licence d’exploitation à sa compagnie, la Nigeria Bitumen Corporation (NBC). Ce monopole de fait fut protégé par le gouvernement colonial, qui réécrivit la loi nigériane sur l’exploitation minière de 1907 pour protéger les intérêts de la NBC et lui fournit également un prêt lui permettant de financer ses recherches. À la mort de Bergheim, en 1912, plus d’une quinzaine de puits avaient été creusés près du delta du Niger, près de 143 000 livres sterling englouties, et ce sans résultat. L’éclatement de la Première Guerre mondiale un peu plus tard marqua la fin des ambitions pétrolières de la région pour les vingt prochaines années.

La société Shell d’Arcy obtint une nouvelle licence d’exploration pour l’ensemble du Nigeria en 1937. Après une interruption pendant la Seconde Guerre mondiale, l’exploration reprit, sans succès, jusqu’à la découverte successive de deux premiers gisements commercialement viables, dans les États actuels de Bayelsa et Rivers, en 1956. Après la construction d’un oléoduc depuis les gisements jusqu’à Port Harcourt, le premier cargo pétrolier quitta le pays le 17 février 1958.

En 1959, la concession unique accordée à Shell fut revue à la baisse, permettant à d’autres compagnies de se lancer dans l’aventure nigériane et d’augmenter la capacité d’exploration. Shell perdit près de la moitié de ses concessions du delta du Niger, ne gardant que les secteurs les plus prometteurs. Le pays devint indépendant un an plus tard, en 1960, et rejoint l’Organisation des pays exportateurs de pétrole en 1971.

Le pétrole (2,2 millions de barils/jour, 5 rang OPEP en 2003) génère près de 95 % des exportations, 70 % des revenus fiscaux et un tiers du PIB nigérian (il est à noter que ces chiffres datent d’avant l’augmentation des cours débutée en 2004). Le niveau estimé des réserves serait de 35 milliards de barils selon l’OPEP, mais a régulièrement progressé ces dernières années grâce à la prospection off-shore.

Léger et pauvre en soufre (65 % du pétrole extrait possède un indice API (American Petroleum Institute) supérieur ou égal à 35°, les principaux produits d’exportation étant Forcados (31° API) et Bonny Light (37° API)), le brut nigérian est un produit de choix pour la production de carburant. Les cours en sont de fait moins soumis aux aléas saisonniers du marché que ne l’est par exemple le brut lourd saoudien, dont la consommation augmente en hiver. Il faut cependant noter qu’à cause d’une infrastructure de production décrépie et un potentiel de raffinage quasi-inexistant, le pays est un importateur net de carburant. Une grève générale a d’ailleurs eu lieu pendant les premières semaines d’octobre 2004 pour protester contre le renchérissement des prix du carburant, le gouvernement essayant à terme de supprimer toutes les subventions des prix de l’essence (celles-ci coûtant près d’un milliard de dollars par an à l’état).

L’essentiel de la production se situe dans de petits gisements (moins de 50 millions de barils) dans la zone du delta du Niger, mais de nouvelles réserves ont récemment été découvertes dans des gisements offshores dans le Golfe de Guinée. 95 % de la production de fait par l’intermédiaire d’entreprises en joint venture, la plus importante d’entre elles, dominée par Shell, assurant jusqu’à 50 % de la production nationale totale. L’exportation de gaz naturel a démarré en 1999 et le pays envisage d’éliminer complètement le brûlage (flaring) dès 2008.

La situation dans les régions productrices du sud est particulièrement instable, avec depuis fin 2003 une insécurité grandissante générée par les ethnies locales qui réclament leur part des revenus pétroliers, et l’apparition de véritables « seigneurs de guerre » locaux qui rançonnent les compagnies pétrolières et se livrent à la contrebande de brut. D’après la compagnie nationale nigériane de production de pétrole (NNPC), près de 200 000 barils étaient détournés chaque jour en 2004 soit, en se basant sur la valeur des cours, un montant annuel de près de 3 milliards de dollars. Le détournement de pétrole (bunkering) donne parfois lieu à des tragédies (Warri (2000), Umuahia (2003), Lagos (2006)), où de nombreuses personnes sont tuées par l’explosion d’oléoducs qu’elles percent pour se fournir en combustible.

Si le gouvernement a traditionnellement pu maintenir son emprise sur les populations de la région (par la force si besoin est, comme en témoigne l’exécution de l’écrivain-activiste Ken Saro-Wiwa en 1995), il semble impuissant face à des bandes lourdement armées. En 2003, Shell, la principale compagnie de la région, a du diminuer sa production de 40 % et retirer une partie de son personnel sur place, encourageant une hausse du brut sur les marchés mondiaux. L’absence quasi-totale de présence gouvernementale a conduit jusqu’à présent les compagnies à gérer leurs propres systèmes de soutien communautaire (même si les relations avec les populations indigènes restent tendues), ainsi que leurs propres milices privées pour assurer la sécurité des oléoducs et autres installations.


Autres

En marge du secteur pétrolier, d’importants gisements de gaz naturel (3700 milliards de m, 2 rang africain, 2,5 % des réserves mondiales prouvées) ont également été découverts, toujours dans le sud du pays. Des programmes d’exploitation des résidus de gaz associé au pétrole sont mis en place, et dès 2008 le gouvernement prévoit d’en finir avec les torchères pour commencer l’exportation.

Il existe également des réserves de charbon (essentiellement lignite et charbons bitumineux), les plus importantes du continent, mais l’intégralité de la faible production nationale est absorbée par le marché local. Du fait de l’obsolescence des équipements, de la croissance des coûts de production et du passage des consommateurs à d’autres sources d’énergie, celle-ci est passée entre 1990 et 1994 de plus de 77 000 tonnes à moins de 13 000 tonnes, pour se stabiliser en 2004 aux alentours de 6 000 tonnes/an: l’essentiel des ressources reste donc, à l’heure actuelle, inexploitée, même si les exportations à destination de l’Europe augmente graduellement, le charbon nigérian étant suffisamment pauvre en soufre pour représenter une option énergétique environnementalement acceptable.

Au niveau minéral, le Nigeria dispose dans son sous-sol de gisements appréciables de colombite (un minerai de niobium), fer, zinc, étain, or, pierre à Chaux et marbre). Le secteur reste toutefois sous-développé, l’essentiel des investissements miniers étant absorbé par le secteur pétrolier : de fait, seuls le niobium, l’étain et la pierre à chaux sont exploités de manière commerciale. Des gisements d’uranium sont également suspectés, mais non développés.

Afin d’attirer les investissements étrangers et réduire la corruption dans ce secteur, le gouvernement a, depuis 2002 et par le biais du Bureau for Public Enterprises, mis la plupart des compagnies nationales d’exploitation en vente en vue d’une privatisation partielle. En 2003 l’exploitation non pétrolière n’accumulait qu’une valeur de 3 millions de dollars, soit à peine un pour cent du PIB.


Infrastructures


Routes, transports

Transports</font>
Routes (1999)
Goudronnées 60 068 km (30 000 km en 1990)
Non goudronnées 134 326 km (78 000 km en 1990)
Rail (2004)
3 557 km (3500 km en 1990)
Voies d’eau (2004)
8 600 km (essentiellement fleuves et rivières)
Ports & aéroports (2004)
Ports de marchandises Calabar, Lagos, Onne, Port Harcourt, Sapele, Warri
Aéroports à piste goudronnée 36
- avec trafic int’l 5 (Lagos, Abuja, Kano, Kaduna, Port Harcourt)
Aéroports non goudronnés 34
Sources: Library of Congress, World Factbook

Avec 95 % du volume total de biens et de passagers transportés, les routes constituent un élément essentiel de l’économie nigériane: au début des années 1990, le système routier du Nigeria était l’un des plus étendus d’Afrique. Revers de la médaille d’un boom pétrolier qui a fait que l’essentiel des investissements gouvernementaux des années 1970 était plus souvent dirigé vers le développement du réseau que vers son entretien (la première autoroute, reliant Lagos à Ibadan, fut achevée en 1978), l’état des routes est particulièrement mauvais en dehors des grandes agglomérations (elles-mêmes passablement engorgées). L’affectation des dépenses publiques s’est cependant inversée depuis la fin des années 1980.

Si les premières voies de communication, bâties au début du , permettaient de lier le Nord au Sud, de Lagos et Port Harcourt à Kano, plusieurs axes est-ouest, parallèles à la séparation offerte par les fleuves Niger et Bénoué, ont été développés dans les années qui suivirent. Le secteur routier souffre également d’un gros problème de piraterie, qui rend certains trajets hasardeux pour les passagers et marchandises.

Le rail, lui, a peu évolué : l’essentiel des 3500 km de voies est lié à deux lignes, l’une de Lagos vers Kano (construite en 1912), et l’autre de Port Harcourt à Kaduna (1926). Plusieurs extensions furent construites dans les années 1930 à 1960, vers les régions de Kaura Namauda (1929), Nguru (1930) et Maiduguri (1964).

Le manque de fonds, de maintenance et de suivi du développement contribuèrent à détériorer le réseau et réduire le trafic, jusqu’à l’abandon de la standardisation des voies (l’essentiel du réseau est étroit à 1,067 m, alors que l’équipement standard moderne repose sur un espacement de 1,435 m) au milieu des années 1980 et le dépôt de bilan en 1988 de la compagnie nationale, la Nigerian Railway Corporation. Après une reprise en main par le gouvernement (et le licenciement d’un quart des effectifs), le service est de nouveau assuré.

Le système maritime nigérian repose sur trois complexes portuaires, dans les provinces de Lagos, Rivers et Delta. Lagos accapare l’essentiel du trafic de marchandises par l’intermédiaire du port d’Apapa, directement lié au réseau ferroviaire national, mais deux extensions permettent également la gestion du brut. Le complexe de Delta regroupe les ports de Sapele et Warri (plus quelques autres à l’estuaire du Niger), tandis que Port Harcourt (sur la rivière Bonny) est l’élément central de l’État de Rivers. Calabar, sur la rivière Cross, constitue le port principal de l’est du pays. Warri et Port Harcourt sont les principaux centres d’exportation du brut et sont dotés d’équipements relativement modernes. À la fin des années 1980, le gouvernement décida de consacrer l’essentiel de ses fonds au développement des voies fluviales afin de désengorger le réseau routier, ralentissant de fait la croissance des ports en eau profonde.


Énergie

Électricité</font>
Production totale
- dont hydraulique
- thermique
19,85 TWh (2002)
38%
62%
Consommation 18,43 TWh (2002)
Exportations 30 MWh (2002)
Consommation d’énergie/capita 2327.57 kWh (2005)
Sources : ISS, World Factbook, AIEA</font>

Le regroupement des activités de production, transport et distribution d’énergie (hors pétrole et gaz) représente moins d’un pourcent du PIB nigérian. Mais le secteur subit depuis le début du de profonds bouleversements, dont la privatisation de la National Electric Power Authority (NEPA) n’est pas le moindre.

Le développement de l’énergie hydroélectrique date du début des années 1970, avec la mise en service du barrage de Kainji. L’exploitation du fort potentiel hydraulique du pays est cependant contrariée par des sécheresses récurrentes ainsi qu’un réseau de rivières constituées de mangroves et situées près de la zone côtière. Conjugué à de grosses déperditions d’énergie (30 à 35 % perdus entre la production à la facturation), un faible taux de paiement (70-80 %), un accès général faible (40% de la population) et une corruption généralisée des cadres de la NEPA qui empêche la bonne maintenance des équipements, le Nigeria réussit le tour de force d’être à la fois exportateur d’électricité (essentiellement vers le Niger) et de fournir un service totalement erratique à l’intérieur de ses propres frontières (nombre de compagnies étrangères s’implantant sur place préfèrent construire leurs propres générateurs, tout comme les entreprises et particuliers nigérians). Le manque de cash généré par tous ces problème force la NEPA à s’appuyer essentiellement sur de (coûteuses) subventions gouvernementales sur le pétrole pour continuer à faire tourner ses centrales thermiques.

Afin de moderniser le secteur et lutter contre la corruption généralisée, et après une grave crise énergétique en 2000/2001, le gouvernement Obasanjo a entrepris de fractionner et privatiser la NEPA en au moins une dizaine d’entités locales, tout en autorisant la construction de générateurs privés. Ceux-ci revendraient leur production à la NEPA, qui se cantonnerait donc essentiellement à un service de distribution. Des projets d’équipement solaire ont également été lancés afin d’assurer l’approvisionnement des zones rurales hors de portée des réseaux conventionnels. De nombreux prêts ont enfin été accordés par la Banque mondiale à la fin des années 1990 pour relancer la construction de centrales et la réorganisation du réseau de distribution.

Du fait de la mauvaise image de la NEPA au sein de la population, celle ci à été rebaptisée par le gouvernement PHCN (Power Holding company of Nigeria Plc).
De nombreuses infrastructures de transport de l’énergie sont en cours de construction dans la région du delta du Niger (lignes et postes 330/132/33 kV).


Télécommunications

Évolution du nombre de lignes de téléphone fixe, mobile et internet (1998-2003)
Télécommunications et internet</font>
Téléphonie
Indicatif + 234
Nombre de lignes fixes (2003)
- soit pour 100 habitants
853 000
0,68
Nombre de lignes mobiles (2003)
- soit pour 100 habitants
3 149 000
2,5
Internet
Domaine .ng
Nombre d’abonnés (2003)
- d’utilisateurs
750 000
2 000 000 (est.)
Radio Télécommunications
Ménages avec un poste TV (2002) 25,6%
Ménage avec un poste radio (2002) 62,1%
Sources: UIT, World Factbook

En dépit de la richesse pétrolière du pays, le secteur des télécommunications nigérian a lui aussi été victime des années de mauvaise gestion des différentes dictatures qui se sont succédé au pouvoir. Avec la mise en place d’un régime démocratique et la libéralisation entamée depuis 2000 (et la cession d’un grand nombre de nouvelles licences), on assiste à une véritable progression du marché local, notamment pour la téléphonie mobile, qui domine désormais le marché. L’amélioration reste cependant inégale, avec des niveaux d’investissements et de coordination faibles, et des problèmes historiques ou structurels qui restent à rattraper. Du fait d’un approvisionnement électrique erratique, les compagnies téléphoniques doivent supporter des coûts supplémentaires dus aux équipements détruits, systèmes redondants et générateurs de secours, qui pour certains opérateurs engendrent des factures de diesel plus élevées que le coût de la location de leurs bureaux.

Des licences de radiotélévision ont également été accordées, mais leur exploitation reste essentiellement confinée aux grands centres urbains.

Enfin, dans le cadre de l’Accord général sur le commerce des services, le Nigeria a fait un certains nombre d’engagements en matière d’accueil d’investissements étrangers: vente et installation de terminaux, services mobiles et pagers. Aucun engagement n’a cependant été pris sur les services postaux, les courriers rapides, services téléphoniques de base et infrastructures.


Téléphonie fixe et infrastructure générale

Le principal opérateur reste la compagnie d’État Nigerian Telecommunications Ltd. (Nitel). Le marché a été partiellement (dé/re)réglementé dès 1992 avec le Nigerian Communication Commission (NCC) Decree, qui ouvrit certaines activités de Nitel à la concurrence, la NCC devenant l’organisme de régulation pour les secteurs où le secteur privé était autorisé (mais ne pouvant donc réguler les activités de Nitel même). Le comportement erratique des gouvernements militaires successifs (nationalisations ou suppression pure et simple de licences) n’a cependant pas permis un développement du réseau. Des changements notables sont cependant intervenus sous le gouvernement Obasanjo, avec l’établissement d’objectifs de développement en ligne avec les recommandations de l’Union International des télécommunications, et la coopération technique de la Banque mondiale pour le raccordement des zones rurales. La NCC a ainsi rationalisé le système d’attribution des licences et révoqué celles non exploitées, réorganisé l’allocation erratique du spectre radio et imposé un cadre plus ferme sur l’organisation du secteur en général, offrant une meilleure visibilité aux investisseurs tant nigérians qu’étrangersTrends in Telecommunication Markets in Nigeria (2003/2004), Nigerian Communications Commission, 2005.

Jusqu’à l’imposition d’un accord d’interconnexion entre Nitel et opérateurs privés par la NCC en mai 2001, il était fréquent que les abonnés d’un opérateur donné ne puissent contacter que les autres abonnés du même service. Malgré des progrès notables, il arrive encore que des appels ne parviennent pas à destination.


Téléphonie mobile

Pour répondre à une demande à croissance exponentielle (plus de 100 % l’an), la National Communications Commission s’est lancée dans l’attribution de licences à grande échelle : le manque de vision politique à long terme dans la réglementation, la coordination et le développement du réseau téléphonique a contribué à une fragmentation extrême du marché : les zones les plus profitables (Lagos, Port Harcourt) souffrent d’une surabondance d’équipements (et donc faible rentabilité de ceux-ci), tandis que d’autres régions ne sont toujours pas reliés correctement au reste du pays.

La situation s’améliore cependant rapidement même si, comme indiqué plus haut, le taux d’interconnexion reste mauvais dans certaines régions non reliées à un réseau national embryonnaire. Quatre licences mobiles nationales ont été accordées en février 2001 (Nitel -qui avait une licence pré réservée-, MTN Nigeria, Econet Nigeria, CIL), celles de CIL étant par la suite révoquée pour défaut de paiement (et ré attribuée en août 2003 à Globacom). L’octroi de chaque licence était conditionné au déploiement par les opérateurs de 100 000 lignes les douze premiers mois, 750 000 sous 36 mois et 1,5 million de lignes en 60 mois. En dépit d’une qualité médiocre de service, la demande fut si forte que les 3 grands furent obligés fin 2002 de suspendre la vente de cartes prépayées car leurs réseaux ne pouvaient simplement pas gérer le trafic généré. La vente repris 6 mois plus tard, et si MTN et Econet ont atteint leur objectif quinquennal en deux ans, alors que Nitel a semblé avoir eu quelques problèmes pour atteindre la première étape de 100 000 lignes. De fait, le marché se dispute entre MTN (leader) et Econet (désormais Vmobile). Pour éviter d’avoir à recourir au réseau surchargé de Nitel, les divers opérateurs privés ont développé leur propre réseau, celui de MTN (appelé Y’hellobahn) étant par ailleurs le plus long d’Afrique (3400 km)2003 Yearbook of African Telecommunications.


Internet

L’absence d’une dorsale Internet nationale a longtemps handicapé le développement de l’accès à Internet, les connexions entre sites nationaux devant d’abord passer par des lignes internationales déjà surchargées. Dans les zones ne bénéficiant pas de leur propre fournisseur d’accès, la connexion par modem devait se faire par le biais d’appel longue distance. Enfin, la faible qualité du réseau fixe de Nitel a fortement contribué au développement du WiFi.

Certains nigérians ont également profité de la connexion de leur pays au réseau des réseau pour mettre en place la désormais célèbre fraude dite « 419 » (du nom de l’article de loi la punissant) : elle consiste en l’envoi de courriers électroniques où le prétendu héritier d’un dictateur/oligarque déchu demande de l’aide pour discrètement évacuer une somme d’argent du pays. Avec 2 milliards de dollars escroqués par an, il s’agissait en 2004 de la deuxième source de devises du pays.


Structure économique

Le boom des années 1970 a monopolisé l’investissement productif dans le secteur pétrolier (voir Maladie hollandaise), sinistrant des pans entiers de l’économie, notamment les industries légères (textile) et l’agriculture. D’exportateur net, le Nigeria est devenu importateur net de nourriture. Ce malaise économique continu se traduit par une forte croissance du secteur informel (estimé à 75 % de l’économie), mais depuis les récentes réformes du tournant du siècle, le commerce croît rapidement et les exportations de produits manufacturés et produits agricoles connaissent une progression sensible.


Agriculture

Le secteur agricole, qui emploie plus de 70 % de la main d’œuvre et génère 35 % du PIB nigérian, est principalement centré autour d’une agriculture de subsistance. Après des années de mauvaise gestion, de politiques de développement inconsistantes et mal conçues, et miné par des infrastructures insuffisantes pour lier les zones de production aux ports d’exportation, le pays n’est plus un acteur notable dans les secteurs du cacao, du caoutchouc, de l’huile de palme et des arachides. La production de cacao (180 000 tonnes/an) correspond à peine à plus de la moitié de ce qu’elle était il y a 25 ans (300 000 tonnes), avec des variétés obsolètes poussant sur des plants âgés. Alors qu’il était pendant longtemps le premier producteur de volailles d’Afrique, la production a chuté de 40 à 18 millions d’individus par an (2004), les restrictions aux importations ayant empêché la modernisation du secteur de conditionnement dans ce secteur comme dans d’autres.

La mauvaise fortune de l’agriculture nigériane est là encore le résultat d’un excès de pétrole et de corruption : les premiers dividendes du boom de 1973 furent dilapidés dans la construction de bâtiments gouvernementaux - les paysans abandonnant leurs champs pour s’entasser dans les villes et occuper les emplois mieux payés du secteur de la construction. Au même moment, l’affluence pétrolière eu pour résultat de renforcer la valeur du naira, rendant les cultures commerciales moins compétitives. À la fin du boom le naira resta surévalué, les militaires soutenant artificiellement son cours pour des raisons de fierté nationale et pour éviter une dévaluation source d’inflation.

Le pays a ainsi manqué sa révolution verte : ne sachant qu’attendre du gouvernement (manipulation des prix à la hausse ou à la baisse en cours d’année), les paysans n’avaient aucune incitation à s’équiper ou investir dans des semences à haut rendement. Des subventions pour l’achat d’engrais furent accordées, mais celles-ci finirent dans les poches des intermédiaires. Des centres d’achat gouvernementaux, à qui les fermiers devaient vendre leurs récoltes destinées à l’exportation, furent instaurés afin d’assurer aux paysans un revenu décent pour leur production. Mais les prix étant fixés trop bas, les centres imposaient de facto une taxe sur les agriculteurs, et furent abolis au milieu des années 1980. C’est également pendant ces années qu’un embargo sur les importations de blé fut décrété, de pair avec de larges subventions à la production destinées à développer l’agriculture nigériane. Des régions aux sols totalement inadaptés à la culture du blé empochèrent l’argent, produisant peu ou prou de céréales : une pénurie de pain s’ensuivit.

La situation s’améliore cependant sous le nouveau gouvernement civil, et le naira n’est plus aussi surévalué. Mais la réintroduction de subventions aux engrais, vu l’historique du secteur, reste un problème. Le crédit rural est inexistant : le système cadastral actuel ne favorise pas l’investissement à long terme, ni l’acquisition de méthodes de production moins agressives pour les sols. L’État est en théorie propriétaire de toutes les terres agricoles, et les agriculteurs n’ont qu’un vague droit d’exploitation, aux multiples variations locales, qui fait que nulle part la notion de propriété est suffisamment définie pour permettre aux petits exploitants d’hypothéquer leurs terres afin d’acheter un meilleur équipement ou de meilleures semences.


Industrie

La surabondance de revenus pétroliers dans le budget étatique a conduit a une culture de gros contrats d’État et une économie d’importation (jusqu’à 80 % des revenus sont réexportés) facilitées par un Naira chroniquement surévalué. Les industriels locaux, handicapés par un approvisionnement énergétique erratique, commencent à essayer d’augmenter leur compétitivité, qui jusqu’ici se réduisait aux faibles coûts de main-d’œuvre.

Le développement de l’industrie locale a également été victime du goût des pouvoirs successifs pour les très grands projets : la fonderie d’Ajaokuta, dont le coup total avoisine les 8 milliards de dollars, n’a toujours pas produit une seule barre d’acier. L’idée originale, proposée dans les années 1970, était de transformer le Nigeria en “Japon africain”, en industrialisant le pays à marche forcé et en transformant sur place minerai et houille locaux, qui donneraient l’acier nécessaire au développement du réseau ferré national. Des conseillers techniques soviétiques produisirent une étude de faisabilité en 21 volumes qui ne fut jamais traduite depuis le russe. Les dirigeants nigérians voulant une industrie métallurgique quel qu’en soit le coût — pour des questions de fierté nationale, mais aussi parce que de grands projets impliquaient de meilleures « commissions ». Les autres fonderies du pays fonctionnent le plus souvent à perte, et généralement pour une fraction de leur capacité totale.

D’une manière générale, l’industrie locale est handicapée par de très fortes taxes à l’importation pour le matériel productif, ainsi qu’une forte pression réglementaire conduisant à de fréquents « contrôles » qui forcent les entrepreneurs à prévoir une marge supplémentaire dans leurs coûts pour les inévitables pots-de-vin.

À date, et hors secteur pétrolier, la seule industrie nigériane faisant preuve d’un quelque succès à l’export est la contrefaçon de médicaments, qui a représenté jusqu’à 70 % du marché local dans les années 1990. Cette activité est en forte baisse depuis l’arrivée du gouvernement Obasanjo et la nomination en 2001 de Dorothy Akunyili (également surnommée la Dame de Fer) à la tête de la National Agency for Food and Drug Administration and Control (NAFDAC, un organisme spécialement chargé de lutter contre les faux médicaments).


Services

Dominé par le secteur pétrolier, l’économie n’a pas de secteur de services à proprement parler, à part ceux consistant à fournir ceux que les entreprises d’État sont incapables d’assurer : vente de générateurs électriques, compagnies de téléphone et d’aviation privées qui concurrencent Nitel et Nigerian Airways. Un problème récurrent de confiance entre partenaires commerciaux est également latent : le crédit est inexistant entre entreprises (le paiement se fait d’avance), les banques n’émettent pas de cartes de crédit, que les magasins n’accepteraient de toute façon pas.

La pression sur le secteur bancaire en général s’est pourtant renforcée. En 2004, le gouvernement a ordonné aux banques d’augmenter leurs fonds propres par un facteur 12 (soit à 200 millions de dollars) en 18 mois, sous peine de se voir retirer leurs dépôts gouvernementaux et interdire la gestion des opérations de change. Objectif : forcer la consolidation d’un secteur fragile et surpeuplé, en passant de la centaine de banques actuellement en activité à moins de 15. L’objectif est politique et économique : la plupart ont une gestion familiale, uniquement vouée à gérer les fonds de certaines élites gouvernementales ; d’autres institutions sont également spécialisées dans le blanchiment, la spéculation en devises, la gestion de fonds gouvernementaux; toutes choses qui ne participent finalement pas des services de gestion de crédit et d’épargne dont l’économie a réellement besoin.

Sur les traces de deux des plus grands établissements du pays, une soixantaine de banques ont donc formé 18 groupements, tous en voie d’agrément, mais sans pour autant régler systématiquement le problème de la rationalisation des branches et bureaux : la recapitalisation s’est faite par l’émission d’actions, mais en mars 2005 4 banques se sont vu imposé de rembourser 380 millions de dollars, les achats d’actions ayant été financés avec les dépôts de leurs propres clients ainsi que par le blanchiment de fonds étrangers. Afin d’éviter un effondrement du marché, la banque centrale nigériane a également annoncé l’annulation de 80% des dettes dues par huit autres banques en difficulté, ainsi que le rééchelonnement du retrait de certains dépôts publics. De fait, les groupes étrangers se montrent intéressés par d’éventuelles acquisitions sur un marché pourtant toujours en situation difficile.


Secteur informel

La part de l’économie informelle au Nigeria est l’une des plus élevées d’Afrique, et représenterait près de 75% du PNB non-pétrolier en 2003 (à titre de comparaison, cette part n’est que de 11% aux États-Unis et 16% en France). Un vaste choix d’activités y sont déployées, depuis l’artisanat traditionnel jusqu’au négoce de devises, la vente au détail, la restauration, etc., les seuls points dominants étant l’extrême petitesse de ces entreprises (souvent l’affaire d’une seule personne ou famille) et, contrairement aux idées reçues, leur très grande flexibilité et leur dynamisme, même si le secteur est par nature difficile à documenter. Dans une économie soumise à l’extrême aux conditions cycliques du marché pétrolier il contribue cependant nettement, malgré un problème de financement chronique, à la croissance économique générale ainsi qu’au revenu de base de nombreux ménages.

L’économie informelle nigériane peut se séparer en deux sous-secteurs :

  1. Le secteur productif, qui regroupe toutes les activités de productions de biens - agriculture, exploitation minière (sauf pétrole), petites fabriques, construction ;
  2. Les services et services financiers, qui couvrent les réparateurs, vendeurs sur les marchés, employés de maison, prêteurs, coopératives financières (Esusu en yoruba), activités para-religieuses et activités mafieuses ou assimilées.

Après une politique répressive au début des années 1980, le gouvernement nigérian a récemment développé de nouvelles politiques de soutien aux secteur informel, qui de fait rassemble essentiellement de petites et moyennes entreprises (PME): soutien à l’entreprenariat par la promotion de cours de gestion et la distribution de micro-prêts, notamment par la création de “Centres de développement industriel”, chargés de fournir formation, promotion, soutien comptable et prêts aux micro-entrepreneurs potentiels. De nombreux programmes aux objectifs similaires, tels que le Work For Yourself Programme (financés par l’Organisation internationale du travail et le British Council, ont également mis en place dès la fin des années 1980, mais peu d’entre eux ont atteint leurs objectifs sous les différentes juntes militaires (notamment celle d’Abacha). Un soutien financier plus spécifiquement destiné au développement du micro-crédit a également été apporté par la Banque mondiale et le PNUD, et le gouvernement Obasanjo a également encouragé le secteur bancaire à étendre son offre de crédits.

De fait, le secteur informel nigérian joue un rôle essentiel dans l’économie nationale, fournissant emplois, concurrence, formation et stimulant le dynamisme économique général - l’existence de connexions et passerelles entre ces PME et les grandes entreprises étant d’une importance fondamentale pour la fourniture en main-d’œuvre qualifiée de ces dernières.


Partenaires commerciaux

Le commerce avec le Nigeria représentait moins de 0.5% des flux mondiaux, avec une balance commerciale positive d’environ 10 milliards de dollars en 2004. L’essentiel de commerce se fait avec les États-Unis et l’UE, l’Asie de l’Est et l’Amérique latine enregistrant cependant un progression constante de leurs parts de marché respectives. Si le Nigeria est le principal partenaire économique de nombreux pays africains (Tchad, Niger, Bénin), la réciproque n’est pas forcément vraie et le commerce avec les pays voisins représente toujours une fraction marginale du volume total.

Le pétrole constitue 95% des exportations (essentiellement destinées aux États-Unis et à l’Union européenne), suivi par le cacao. Le registre des importations est plus varié: machines-outils, produits alimentaires et bétail, produits chimiques.

Les investissements directs étrangers totalisaient environ 1 milliard de dollars en 2003, soit 10% de tout le volume investit sur le continent cette année, cette proportion s’accroissant de manière régulière depuis le tournant du millénaire. Des cinq zones franches que comptait le pays en 2003, celle de Calabar, au sud-est, est la plus développée : créée en 1992 avec un potentiel de 80 à 100 entreprises résidentes, elle n’en comptait que 6 en 2001. En 2003, 76 licences avaient été accordées et 53 entreprises étaient en activité, essentiellement dans le textile. Dans la région de Port Harcourt, la zone franche d’Omne concentre également plusieurs dizaines de compagnies, liées pour l’essentiel à l’industrie pétrolière. Les trois autres zones franches, à Kano, Maigatari et Banki, en sont toujours à des stades précoces de leur développement. Plusieurs compagnies textiles, dans les régions de Kano et Lagos principalement, reçoivent également des subventions, aides infrastrurelles et exemptions fiscales pour les aider à baisser leurs coûts et les rendre plus compétitives à l’export. Le même projet est en cours de développement pour des fermes commerciales à travers le pays.

La politique tarifaire globale du pays, revue en 2002, a conduit à l’allègement des taxes sur les matières premières (afin de favoriser le développement industriel) et à une augmentation du protectionnisme sur les produits de consommation également produits localement (hausse des droits sur les produits étrangers) - restrictions à l’importation violant certains engagements pris dans le cadre du GATT.


Rôle de l’État

Le Nigeria est le seul pays du monde disposant d’un confortable revenu pétrolier qui affiche un déficit budgétaire — la faute peut en grande partie être attribuée à son niveau de corruption élevé et à de sérieux problèmes de gouvernance sous les différentes dictatures.

Le gouvernement civil d’Olusegun Obasanjo (arrivé au pouvoir en 1999, réélu en 2003) a récemment fait d’importantes démarches de réorganisation des structures étatiques, de décentralisation des actions économiques (création d’un fonds de développement du delta du Niger pour gérer les retombées locales de l’exploitation pétrolière), de privatisations, de réduction du poids relatif de l’industrie pétrolière et de contrôle de l’inflation. Les mesures semblent payer, avec une stabilisation du naira (vers 130 NGN/1 USD) et la renégociation sans heurts de prêts au FMI. La politique anticorruption a eu pour sa part des résultats beaucoup plus mitigés, même si des progrès dans la transparence des prises de décisions ont été réalisés. Enfin, l’intégration de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest devrait permettre l’adoption d’une nouvelle monnaie, l’Eco, vers la fin 2009.


Implication directe dans l’économie

Le pays a longtemps souffert d’un manque de cohérence à la direction des affaires du pays: sous le gouvernement Abacha, un ministre aurait annoncé le levée du l’interdiction d’importer du riz, pour voir une note lui être glissée quelques instants plus tard lors d’une intervention télévisée, lui demandant de préciser que le président avait reconsidéré sa position et que la mesure était suspendue.

Depuis le changement à la tête du pays un plan de développement, le National Economic Empowerment and Development Strategy (NEEDS), a été mis en place avec pour objectif principal de protéger le pays de son énorme dépendance au secteur pétrolier. Il a d’ailleurs été proposé de déposer les fonds issus de ce dernier dans un compte externe à ceux de la nation plutôt que de les réinjecter directement dans l’économie sous forme de dépenses publiques pharaoniques comme ce fut le cas jusqu’ici (grosses dépenses (14% du PNB en 2001) n’étant pas forcément synonyme d’investissements). Ce “modèle norvégien” est encore en discussion et semble voué à être adapté d’une manière ou d’une autre.

Le Bureau for Public Enterprises a été chargé de mettre en vente la plupart des entreprises d’État, chroniquement inefficaces et gangrenées par la corruption. Si la vente de ces actifs est plus rapide dans le secteur des matières premières, le rythme du changement (et l’affluence d’éventuels acquéreurs) est moins fort dans les autres secteurs, certaines réticences venant parfois de l’intérieur même du gouvernement (comme dans le cas de Nitel, la compagnie nationale de téléphone). Enfin, le Naira est autorisé à une certaine fluctuation, comparé à la quasi-parité avec le dollar qui était la marque des régimes précédents.


Lutte contre la corruption

Le Nigeria est probablement un cas d’école sur les diverses manières de dilapider les fonds publics ou de les évacuer vers l’étranger. Sur les 340 milliards